19/04/2021

Achod Shemavonian nous a quittés

Par Bédros Terzian 

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« Il était de tous les combats pour l'Arménie et l'Artsakh. Lui, notre porte-drapeau. Notre Achod. En première ligne de toutes les manifestations arméniennes. Beaucoup ne connaissaient de lui que son prénom, un privilège des êtres chers, des êtres proches. Le privilège de ceux que tout le monde connaît, car il était à tous, pourvu qu'ils soient à l'Arménie et à l'Artsakh. Achod « de fer », comme un célèbre roi d'Arménie. Oui, d'une volonté d'acier, d'une énergie de tous les instants, débordant d'activité, à faire pâlir d'envie des bien plus jeunes que lui. Un chef, que ses troupes suivaient avec amour et fidélité. C'était naturel. Dès qu'on lui confiait une responsabilité il en prenait la direction, naturellement, et menait sa mission jusqu'au bout, n'hésitant pas à tancer si, derrière, « ça ne suivait pas ». Mais ça suivait toujours, car c'était Achod. On était donc tranquille. Il en était ainsi aux Phonéthons du Fonds Arménien. C'est Achod « et son équipe » qui avaient la charge de la « salle de tri ». C'est là qu'aboutissent toutes les lettres qui doivent partir, dans les heures qui suivent la fin du Phonéthon, pour remercier les donatrices et donateurs de leurs promesses de dons et leur demander de ne pas oublier d'envoyer leur chèque « dans l'enveloppe ci-jointe ». Lorsque les lettres s'empilaient c'était bon signe : les promesses de dons arrivaient donc. Lorsque le rythme tombait, Achod s'inquiétait. Que ce passe-t-il ? Il venait aux nouvelles « sur les plateaux ». En vérité, avec Achod, c'était Phonéthon toute l'année. Car il ne s'arrêtait jamais, rassemblant sans cesse avec son association, l'ASPA, toute sorte de matériel et d'équipement nécessaires à ceux qui étaient au front, comme lui, mais 5000 km plus à l'est seulement. Sacs de couchage, vêtements chauds, jumelles et batteries, panneaux solaires portatifs, médicaments. Des milliers de containers, petits ou grands, ont ainsi été expédiés vers l'Arménie, l'Artsakh. Des milliers de voyageurs, en partance pour Erevan, à l'aéroport de Paris, ont été abordés un jour ou l'autre par Achod ou Jean, son complice de tous les moments, son alter ego, qui leur demandait : « S'il vous plaît. C'est important. Avez-vous de la place. Il faut que ce paquet arrive le plus tôt possible. » Et ça arrivait, bien sûr.Des êtres comme ça, ça ne court pas les rues. C'est des êtres qui traversent le temps et emportent sur leurs ailes une part d'Arménie, une part d'Artsakh, et une part de nous tous. »Bédros Terzian, Président du Fonds Arménien de France.
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Mots clés associés : Fonds arménien 
Dernière mise à jour : 19/04/2021 11:47