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La maire de Bourg-lès-Valence, Marlène Mourier a reçu la consule d’Arménie à Lyon, Narine Nikolian

 

« Je veux redire au peuple arménien que nous ne l’oublions pas »

Samedi 30 septembre, j’ai eu le plaisir de rencontrer à Bourg-lès-Valence Narine Nikolian, nouvelle Consule Générale d’Arménie à Lyon avec laquelle je me suis entretenue de l’actualité tragique en Arménie et en Artsakh. J’ai ainsi pu lui réaffirmer mon soutien plein et entier envers les Arméniens lourdement éprouvés par le conflit en Artsakh, après que la province ait été attaquée par l’Azerbaïdjan il y maintenant 2 semaines.

Cette capitulation des autorités arméniennes de l’Artsakh fait suite à une ultime offensive militaire de grande ampleur lancée par les forces azerbaïdjanaises le 19 septembre dernier, au terme d’un blocus de plusieurs mois mené sur le corridor de Latchine, unique voie d’accès reliant l’Arménie à l’Artsakh, qui a littéralement coupé du monde et affamé les quelques 120.000 habitants de l’enclave.

Malgré la promesse de l’Azerbaïdjan de garantir leurs droits, la crainte d’une véritable épuration ethnique des Arméniens, sous couvert de représailles contre de prétendus crimes de guerre, demeure bien réelle.

D’ores et déjà, plus de 100 000 hommes, femmes et enfants chrétiens arméniens ont fui vers l’Arménie, alors même que des centaines de véhicules continuent encore d’affluer vers le pays. Autant de réfugiés qui, en l’espace d’un instant, ont tout abandonné, laissant derrière eux leur maison, leur école, leurs souvenirs… En un mot, leur vie.

Comme le dit très justement l’humoriste d’origine arménienne Mathieu Madénian interrogé par le journal Le Parisien le week-end dernier : nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous savions, et nous avons laissé faire, car ce qu’il se passe actuellement en Artsakh était prévisible.

Aujourd’hui, les messages d’apitoiement, les discours compatissants, les belles paroles, ne suffisent plus. Ce n’est pas de cela dont nos amis d’Artsakh ont besoin. 

L’enjeu, dorénavant, consiste à éviter la crise d’ampleur qui se profile par des actions concrètes. Des actions concrètes qui doivent se traduire par une aide humanitaire à destination des réfugiés afin qu’ils puissent se reloger, se reconstruire, en Arménie ou ailleurs, mais aussi par une aide militaire pour permettre à l’Arménie de se défendre face à de nouvelles tentatives d’invasion.

Il s’agit également d’exhorter sans relâche les élus, les institutions quelles qu’elles soient, députés, sénateurs, Gouvernement, communauté internationale, à faire pression sur l’Azerbaïdjan au travers de sanctions, notamment en cessant d’acheter son gaz, afin d’éviter un génocide que beaucoup, légitimement, redoutent.

Il s’agit enfin de s’assurer que les velléités expansionnistes ne s’étendent désormais à l’ensemble du Syunik, ce qui reviendrait à rayer purement et simplement de la carte tout le sud de l’Arménie, accomplissant ainsi le funeste dessein cher au dictateur Aliev de relier l’Azerbaïdjan à la Turquie.

En tant que Maire de la Ville de Bourg-lès-Valence, terre d’accueil de la diaspora arménienne, je veux redire au peuple arménien que nous ne l’oublions pas. Bien qu’à des milliers de kilomètres, nous nous tenons indéfectiblement à ses côtés.

Éditorial