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Si vous demeurez attelé au char des « maîtres », ayez l’amabilité de nous soulager de votre insupportable présence

Vahram Atanessian

Vahram Atanessian¹

L’agence de presse d’État russe TASS, note que la possibilité de destitution  de Nikol Pachinian est largement exagérée et affirme qu’il bénéficie d’un grand soutien public.  Mais elle prédit néanmoins que dans un avenir proche « les conditions pourraient être créés pour organiser des élections ». C’est dans ce contexte qu’une déclaration émanant du « Centre d’information de la République d’Artsakh » a été diffusée par laquelle les « autorités » dissolues de l’Artsakh menacent de « répondre aux mensonges répandus ces derniers jours afin que le peuple arménien connaisse la vérité »².

La « Déclaration » a été diffusée en russe par divers médias de la Diaspora et d’Arménie, afin, comme le disent les Russes que  « rien ne soit perdu », afin qu’il n’y ait pas de place pour une mauvaise interprétation des choses, pour que le commanditaire soit certain que ce qu’il avait à dire a bien été transmis mot pour mot, à la virgule près. Pour se prémunir de tout problème, le « Centre d’information de l’Artsakh » prend les devants en laissant entendre que « la publication de la vérité pourrait menacer la sécurité de l’Arménie et de ses responsables ».

Le fait de savoir si Samvel Chahramanian et Nikol Pachinian se connaissaient n’intéresse absolument pas « l’Arménien de base ». On sait que Samvel Chahramanian, en tant que général des services de sécurité du Haut-Karabakh, a participé à l’organisation des visites de Pachinian à Stepanakert en 2018 et 2020. Mais cela n’a rien à voir avec la réalité historique et politique liée au décret de dissolution de Samvel Chahramanian du 28 septembre 2023 qui le libère de toute responsabilité et fait de lui  une personne privée. 

Dispose-t-il d’informations sûres établissant que « Nikol a livré l’Artsakh ? ».  Qu’il les livre alors aux organes arméniens d’investigation judiciaire compétents, ou bien, qu’il engage une action en justice contre le Premier ministre arménien. La décision lui revient. Mais personne ne lui permettra de mettre en danger la sécurité de l’Arménie et de ses responsables. Le fait que le soi-disant « Quartier général de l’information de l’Artsakh » agisse en son nom ne fait aucun doute. Plus encore, cette « autorité » d’un pays « dissous » se permet d’exhorter la police arménienne à « juger avec modération la situation et à s’abstenir de recourir à une force disproportionnée ». Vitaly Balassanian, l’ancien Secrétaire du Conseil de sécurité de l’Artsakh, affirme que « le système judiciaire arménien n’a rien à faire dans l’examen de crimes commis au Karabakh ». Dans ce cas,  qu’est-ce que le « Président » de la République du Haut Karabakh qui a été dissoute a à voir dans les affaires concernant la police arménienne ?

Son « exhortation » adressée à la police ne constitue-t-elle pas une menace à peine déguisée lorsqu’il déclare que « les choses pourraient mal tourner pour la police après le changement de pouvoir » tout comme pour les Artsakhiotes « déplacés de force »  – Chahramanian utilise à dessein l’expression « déplacés de force » – comme le suggèrent les anciens services spéciaux de Stepanakert, de sorte que s’ils ne participaient pas au mouvement [anti-Pachinian], après la victoire de Vazguen Galstanian et l’éviction de Pachinian, ils pourraient  « ne bénéficier d’aucun des programmes d’aide». 

Chaque individu est libre d’avoir des convictions et de faire des choix politiques, d’avoir sa citoyenneté, son affiliation politique, mais lorsqu’une personne n’ayant aucun mandat public officiel  s’exprime au nom d’un gouvernement inexistant, il ne reste plus qu’à lui dire : Monsieur, vous vous êtes à titre privé attelé à ce carrosse infernal des « maîtres ». C’est votre choix personnel, mais vous ne pouvez pas lier une société toute entière à cette marche sanglante, en faisant de l’artsakhiote de base déporté par la force, comme l’avait très  justement dit en son temps  Vano Siradeghian, du « bétail de boucherie ». 

Soulagez l’Artsakhiote de base de votre présence indésirable !

Son seul désir est de servir loyalement la République d’Arménie, car il voit son avenir dans la réalisation d’une Arménie souveraine, sûre et démocratique.

1 In am, le 13 juin 2024

(1) Né en 1959, diplômé de l’Institut pédagogique de Stepanakert, V. Atanessian a été professeur de langue et de littérature arméniennes. Alors qu’il était membre du Parti Communiste de l’Union Soviétique, il a débuté sa carrière journalistique comme correspondant du journal « Sovetakan Karabakh ». Il a été membre du Comité permanent pour l’information des affaires de l’Artsakh auprès de l’Assemblé nationale de la République d’Arménie. Député et Membre du groupe parlementaire « Artsakh » à l’Assemblée nationale, il a également été président de la commission permanente des affaires étrangères du Parlement de l’Artsakh dès sa création. Politologue, il travaille principalement pour le media 1 In am d’Erevan

(2) Samvel Chahramanian fait allusion au discours de la semaine dernière de N. Pachinian du au Parlement durant lequel ce dernier a accusé la fraction de Chahramanian d’avoir, après avoir renversé le Président légitime de l’Artsakh Araïk Haroutunian, signé la reddition de l’Artsakh et le décret de dissolution de ses institutions (Voir Nor Haratch du 15 juin 2024).

Traduction :  Sahag Sukiasyan 

Éditorial