25/02/2021

Le tumulte politique se poursuit


DR

D'après les résultats du sondage de l'institut Gallup publiés ce lundi, Nikol Pachinian reste la personnalité politique la mieux notée avec 43% d'avis favorables. Mais le plus incroyable, c'est que les politiciens de l'opposition, quant à eux, ne dépassent pas le seuil des 3%.

En cas d'élection, aucun des partis de l'opposition ne pourrait franchir le seuil des 5% des voix, à l'exception du parti « Mon pas », qui serait en mesure de s'assurer 34% des voix. Si la récente défaite militaire a divisé par deux la cote du parti au pouvoir, ce sondage montre la méfiance et le gouffre qui demeurent entre les attentes du peuple et les promesses politiques des partis politiques d'opposition et de leurs organisations affiliées. Mais la véritable tragédie, c'est que les partis d'opposition n'ont aucun programme, en particulier les partis rassemblés autour de l'ancien régime, si ce n'est de reprendre le pouvoir et de continuer à mener la même politique, tout en camouflant leurs actions passées.

Au vu des résultats de ce sondage, on comprend mieux pourquoi presque tous les partis ont rejeté les élections anticipées proposées par le parti au pouvoir, à l'exception de Robert Kotcharian, qui ne tend qu'à faire oublier les accusations de violation de l'ordre constitutionnel dont il fait l'objet. Celui-ci dispose d'ailleurs d'importants moyens financiers et de soutiens, bien qu'il ne soit associé à aucun parti, à la différence de Serge Sarkissian et de son Parti républicain, autour duquel gravitent de nombreux autres partis d'opposition.

Pendant un certain temps, le « Mouvement pour le Salut de la Patrie » était en perte de vitesse, notamment après l'annonce de participer aux élections. Cependant, le long entretien accordé par Serge Sarkissian a relancé les manifestations anti-Pachinian du « Mouvement pour le Salut de la Patrie », le 20 février, à l'occasion du 33e anniversaire du Mouvement Karabagh. Indépendamment des critiques adressées au Premier ministre, la principale cible de Serge Sarkissian dans son entretien était bel et bien Robert Kotcharian, dont l'intention inavouée est de devenir la figure de proue de l'opposition. Cependant, l'entretien fleuve de Serge Sarkissian, en exigeant la démission de Nikol Pachinian et la formation d'un gouvernement intérimaire avant la tenue d'élections anticipées, a remis les pendules à l'heure en faveur de la position intransigeante du « Mouvement pour le Salut de la Patrie ».

Si les manifestations ont pris de l'ampleur, le gouvernement actuel reste cependant confiant quant au soutien de la population, et ce même si Vazken Manoukian, le candidat au poste de Premier ministre par intérim du « Mouvement pour le Salut de la Patrie », a jeté de l'huile sur le feu en exhortant ses partisans de se préparer le cas échéant à un soulèvement.

Parallèlement à cette agitation sur le plan intérieur, la présence russe se renforce, une tendance à laquelle aucune force politique n'ose s'opposer. Ainsi, comme l'a déclaré le ministre de la Défense Vagharchak Haroutiounian, le gouvernement est favorable à ce que la base militaire russe de Gumri étende sa présence sur le territoire de l'Arménie, ce qui lui permettrait d'avoir une sous-division dans la région du Sunik.

J. Tch.

Partager
Imprimer
Mots clés associés : Jiraïr Tcholakian 
Dernière mise à jour : 25/02/2021 07:20