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ARTSAKH – Pour une vie spirituelle intense

Le 9 novembre, dans une entrevue accordée à « News.am », le Primat du diocèse d’Artsakh, l’évêque Vrtanès Aprahamian, déclarait que deux ans après la fin de la guerre, aucun arménien responsable ne pouvait accepter qu’il avait été vaincu, mais aussi que tout cela s’était passé de manière très injuste : « Ce n’était pas la première fois que nous assistions à des opérations militaires d’envergure, mais ce fut une guerre injuste et inorganisée par bien des aspects et qui n’avait aucun sens. La formule ancienne selon laquelle  Les braves avaient  affronté des braves, et que les deux parties avaient été vaincues   ne s’applique pas à cette guerre. Il n’y avait pas de braves face à nous, mais un piège bien organisé. Et nous avons goûté à cette honteuse défaite ».

Selon lui, le patrimoine religieux que l’Azerbaïdjan est en train de détruire est inestimable et sa perte incommensurable : « C’est un véritable crime culturel qui s’accomplit et une organisation aussi importante que l’UNESCO ne nous répond tout simplement pas.  Mais dans le même temps, cette même organisation ne cesse d’invoquer les grandes valeurs culturelles … ».

Selon le Primat du diocèse d’Artsakh, malgré les lourdes pertes subies, les gens peuvent encore avoir confiance en leur avenir s’ils entrevoient des signes de justice en politique. Dans le cas contraire, la déception et la panique l’emporteront. Mais s’ils perçoivent des signes positifs, les gens s’accrocheront fermement à leur terre et s’armeront d’une volonté invincible : « Avec la bénédiction de Sa Sainteté le Catholicos, nous essayons de convaincre les fidèles de notre juridiction que rien n’est perdu, que le peuple d’Artsakh doit continuer de vivre. Les forces politiques de l’Artsakh poursuivent également cette même politique. Chacun d’entre nous doit œuvrer pour que le peuple de l’Artsakh demeure sur sa terre. En même temps, il est nécessaire d’augmenter le nombre des visiteurs en Artsakh depuis l’Arménie et la Diaspora car c’est aussi grâce à ces allez et venues que l’Artsakh vivra ».

D’après Monseigneur  Vrtanès, les pèlerinages ont repris à Dadivank :  « En septembre et octobre, deux groupes s’y sont rendus. La communauté monastique continue d’être ravitaillée et la communication avec elle est maintenue. Nos serviteurs y vivent en bonne harmonie avec les forces d’interpositions russes ».

L’un des projets portés par l’optimisme de Monseigneur Vrtanès est l’ambitieux programme de restauration du monastère de Hakopavank, aussi appelé « monastère de Metsaran », situé à 1,5 km du village de Kolatak de la région de Martakert.

Aucune information, aucune sources historique n’a été conservée sur l’époque de la fondation du monastère. L’inscription la plus ancienne, gravée sur le socle du khachkar (réutilisé lors d’une reconstruction ultérieure), remonte à 853. Selon des sources historiques, les bâtiments du monastère, dont les deux églises, ont été construits, et reconstruits à plusieurs reprises du IX-ème jusqu’au 18ème  siècle. Au Moyen Âge, Hakobavank était lieu de pèlerinage réputé dans toute l’Arménie orientale. Au XIIIe siècle, le monastère, jusqu’alors siège du diocèse, devient siège catholicossal.

Le monastère qui est clos par un mur d’enceinte se compose de deux églises, de deux cours, de bâtiments conventuels. La plupart des bâtiments communiquent entre eux par des passages communs.

L’objectif du diocèse et du gouvernement de l’Artsakh est de redonner vie à ce bel ensemble et d’en faire un centre spirituel et culturel, à l’image des monastères de l’Arménie médiévale, et d’y accueillir de nombreux pèlerins comme ce fut le cas les 5 novembre dernier, à l’occasion de la fête des Saints Archanges.

Un très beau projet auquel pourrait participer le diocèse de l’Eglise arménienne de France.

 

Sahak Sukiasyan