Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Communiqué de l’Organisation Gardman-Shirvan-Nakhitchevan

L’organisation compatriotique « Gardman-Shirvan-Nakhitchevan » qui rassemble pour préserver leur héritage historique et défendre les droits des Arméniens originaires de ces trois régions aujourd’hui occupées par l’Azerbaïdjan, a publié le 17 Mai un communiqué dans lequel ses dirigeants condamnent la politique de ce qu’ils appellent  la « nakhitchévanisation » de l’Artsakh (Ht. Karabakh).

 

Le monastère du saint apôtre Thomas de « Vérin Agoulis » au Nakhitchevan qui constituait une partie importante du patrimoine culturel spirituel chrétien arménien a été la cible du vandalisme azerbaïdjanais dès le siècle dernier. Entre 2000 et 2009, le monastère a été complètement détruit comme en témoignent également des photos prises de satellites.
Agoulis avant les massacres

De par son architecture, de sa décoration extérieure et intérieure, le monastère du saint  apôtre Thomas représentait un ensemble unique. Le sanctuaire qui a connu de nombreuses épreuves au fil des siècles, a été reconstruit au 17ème  siècle. A la fin du 18e  siècle, l'intérieur de l'église a été décorée de fresques peinte par le peintre Naghach Hovnathan.

St Thomas 

St Thomas


Coupole de saint Thomas

À l'emplacement de Saint Thomas
Du  14e au 18e  siècle, un scriptorium a fonctionné dans le monastère où environ 90 manuscrits ont été copiés. Le plus ancien qui nous soit parvenu a été copié par un certain par Vardan en 1375. Il s’agit du « Livre de Prières » de Saint Grégoire de Narek.  Dix manuscrits copiés dans ce monastère sont aujourd’hui conservés au Matenadaran. Le monastère possédait un cimetière datant des 13e – 18e siècles.
Le sort de la population arménienne d'Agoulis, ainsi que celui du monastère de l’Apôtre Thomas, fut scellé par l'invasion turque de 1918, lorsque toute la population arménienne du Nakhitchevan a été massacrée et déportée.
Entre 1918 et 1919, Agoulis a subi la tourmente des atrocités turco-azerbaïdjanaises qui ont conduit au dépeuplement de la ville, dans un premier temps du fait d’un massacre généralisé de sa population, puis par une menace existentielle pesant de manière permanente sur les survivants. 
Comme la ville, le monastère de l'Apôtre Thomas fut alors également abandonné. Ce sanctuaire fondé au premier siècle par l'apôtre Barthélemy qui était devenu au cours des siècles un grand monastère après la proclamation du christianisme comme religion d’État en Arménie, a été complètement détruit au 21e siècle, dans une période de grands progrès et « d’avancées civilisationnelles ».
Le 15 mai 2014, une mosquée a été inaugurée sur le site de ce centre chrétien arménien vieux de près de deux mille ans. 
Aujourd’hui, dans le cadre une campagne d’État à grande échelle dirigée contre le christianisme local, l’Azerbaïdjan parle de « multiculturalisme » et ose encore lancer des accusations sans fondement en accusant l’Arménie d’islamophobie, ce qui ne constitue rien de moins qu’un moyen ridicule pour tenter de se défendre face à ses propres crimes
Le Haut-Karabakh et tout son héritage culturel arménien sont la cible des profanations et escroqueries de l'Azerbaïdjan. Chaque jour, des sanctuaires Arméniens chrétiens y sont  détruits, profanés ou « reconstruits ». Un certain nombre de sanctuaires comme celui de « l’église verte » de Chouchi ou de la Sainte Ascension de Bertzor [Latchine] ont été entièrement détruits. Le cimetière de Chouchi a été transformé en un grand carrefour urbain, l'église du Saint Sauveur de tous a été sciemment mutilée, toutes les structures nationales arméniennes sont réduites en amas de pierres.

Ste Ascension
L'Azerbaïdjan est en train de « Nakhitchévaniser » le  Haut-Karabakh car pendant des années l’Azerbaïdjan n’a pas été sanctionné pour la destruction physique des Arméniens et de l'héritage arménien des régions historiques de Gardman, Shirvan et Nakhitchevan. 

Éditorial