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Déclaration des Collectivités territoriales françaises en soutien aux Arméniens d’Artsakh

 

Kornidzor, le 31 août 2023

Nous, élus des collectivités territoriales françaises, répondant à l’appel du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF) et des autorités de la République d’Arménie et de la République d’Artsakh, avons mobilisé une aide humanitaire d’urgence en soutien aux Arméniens d’Artsakh.

Depuis le 12 décembre 2022, l’Azerbaïdjan bloque unilatéralement, en violation du droit international, le corridor de Latchine, qui relie l’Artsakh à l’Arménie et donc au reste du monde. Cette situation créée une crise humanitaire majeure, isolant une population civile de 120 000 personnes, dont 30 000 enfants, les privant d’un accès vital aux produits de première nécessité, aux infrastructures de santé, aux ressources énergétiques et à l’eau. Les Arméniens d’Artsakh vivent depuis plus de 9 mois dans un état de pénurie alimentaire et de désespoir sans précédent, menacés quotidiennement par des tirs des forces azéries postées à la frontière. Des milliers d’innocents sont asphyxiés, les organisations humanitaires étant elles-mêmes empêchées d’intervenir malgré la famine généralisée et la crise sanitaire qui menace.

Répondant à l’appel de la maire de Paris, Anne Hidalgo, nous avons décidé d’acheminer un convoi humanitaire coordonné par l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB) en Arménie composé de produits de première nécessité non périssables, en particulier de lait infantile, de générateurs électriques, de panneaux et chauffe-eaux solaires. Constitué de 10 camions, ce convoi répond aux besoins exprimés par les autorités de la République d’Artsakh afin de permettre à la population civile de survivre et d’anticiper les conditions hivernales particulièrement rudes dans la région, ainsi que la menace grandissante de malnutrition infantile.

Alertés par les appels de la communauté internationale depuis cet été, au premier rang desquels le Conseil de sécurité de l’ONU qui tenait le 16 août dernier une réunion d’urgence sur la situation humanitaire, le temps des actes est venu. Selon un rapport de Luis Moreno Ocampo, ancien premier procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), les actes commis par l’Azerbaïdjan caractérisent en partie un génocide : famine, privation des moyens vitaux et entrave aux interventions humanitaires d’urgence. Le rapport insiste sur le fait que la menace génocidaire d’épuration ethnique est imminente. Nous ne pouvons rester indifférents face à une telle situation qui rappelle les pires heures de l’histoire de l’Arménie. De nombreuses voix à travers le monde s’élèvent pour tirer la sonnette d’alarme et exhortent l’Azerbaïdjan à lever ce blocus sans délai.

Le temps des déclarations diplomatiques est terminé. C’est la raison pour laquelle une vingtaine d’élus, représentant l’ensemble du territoire français et issus de familles politiques différentes, a tenu à accompagner ce convoi humanitaire jusqu’à la frontière afin d’exiger l’ouverture du corridor de Latchine. Constatant le refus des autorités azéries de laisser passer le convoi à destination de la population arménienne d’Artsakh, de facto prise au piège, nous appelons le Président de la République à prendre dans les plus brefs délais l’initiative d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies demandant l’ouverture immédiate et inconditionnelle du corridor de Latchine afin de pouvoir permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et la libre circulation des biens et des personnes. Par-delà cette situation humanitaire préoccupante, le processus de paix, entériné lors des derniers accords en 2020, doit être respecté ainsi que la reconnaissance aux Arméniens d’Artsakh de leur droit à l’autodétermination, qui constitue la condition sine qua non de leur survie, à l’heure où l’Azerbaïdjan tente de cacher ses ambitions génocidaires. 

Éditorial