Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Des nouvelles d’Artak Beglarian

Sur le microblog de son compte « X », Artak Beglarian, l’ancien ministre d’État de la République d’Artsakh, puis Défenseur des Droits, a déclaré qu’il se trouvait en sûreté, sans toutefois révéler où : « Puisque beaucoup de personnes me le demandent, permettez-moi de dire que je suis libre et en sécurité. Bien que je continue d’être la cible de nombreux propos haineux et de menaces tant publiques que privées, je n’ai jamais été informé de l’existence d’une procédure judiciaire azerbaidjanaise qui n’aurait d’ailleurs aucun fondement ».

Dimitri Peskov ne comprend pas ce qui pousse les Artsakhiotes à l’exil

 Commentant la signature du décret par le Président Samvel Shahramanyan qui met fin à l’existence de la République du Haut-Karabakh à compter du 1er janvier 2024, Dimitri Peskov a déclaré: « Nos soldats de la paix continuent d’aider les gens. Beaucoup expriment leur désir de gagner le territoire arménien. Un soutien est apporté à ceux qui le souhaitent ». L’attaché de presse de Poutine insiste sur le fait que l’un des points du document publié par le dernier Président du HK stipule que « la population doit se familiariser avec les conditions de réintégration proposées par Bakou ». Il ajoute : « Bien entendu, nous continuerons à prêter attention à ces questions humanitaires »

Répondant à la question de savoir qui est responsable de la situation existante, Peskov déclare : « dans ce cas précis, il est difficile de dire qui est à blâmer car il n’y a aucune raison objective pour de telles opérations (d’évacuation). Malgré cela, les gens expriment le désir de quitter le territoire du Karabakh. Certain peut-être avec le désir de le faire pour toujours, d’autres temporairement ».

 Armtimes.com le 29 septembre 2023

 

L’adoption du Statut de Rome, une « décision nocive » pour le MAE russe 

 Un communiqué du MAE de Russie diffusé aujourd’hui par l’agence TASS indique que « La ratification par l’Arménie du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) aura les conséquences les plus négatives sur les relations bilatérales ». La nouvelle de l’agence Tass précise : « Erevan n’a pas tenu compte de propositions bilatérales émanant de Moscou au sujet de la charte … L’initiative d’Erevan de signer un accord bilatéral a été examinée, Moscou a proposé une option de compromis qui aurait pu convenir aux deux parties. Malheureusement, cela n’a pas été pris en compte. C’est une décision politique qui a été prise en Arménie en faveur de la ratification du Statut de Rome  … Moscou espère qu’il se trouvera des forces sensées au sein de l’Assemblée nationale arménienne qui ne soutiendront pas cette décision qui est évidemment nocive pour les relations arméno-russes ». Hier, Dimitri Peskov déclarait également lors d’une conférence de presse : «  L’Arménie sait pertinemment que nous ne sommes pas signataires du [Statut de Rome], et l’Arménie est pleinement consciente de la décision difficilement acceptable de la Cour pénale internationale d’émettre un mandat d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine prise sur la base de ce statut. … Nous savons qu’Erevan en est bien conscient. Ce n’est pas quelque chose que nous approuvons ». 

Selon Peskov, cette décision des autorités arméniennes serait « extrêmement hostile » à l’égard de la Russie.

Toujours selon lui, la partie arménienne aurait proposé à la Russie de conclure un accord bilatéral pour apaiser les inquiétudes de Moscou au cas où l’Arménie ratifierait le Statut de Rome. Mais l’attaché de presse de Poutine a indiqué qu’il n’était pas informé des détails de cette proposition : « Non, je ne peux pas [discuter des détails]. Il y avait un certaine logique de la part de la partie arménienne en faveur de la nécessité d’adopter ce statut. mais dans ce cas, je ne connais aucun détail de cette proposition de conclure des accords bilatéraux … Si l’Arménie assume des obligations internationales, il faudra voir ce qu’elle considère comme prépondérant ». Cependant, le responsable du Kremlin a souligné que « l’Arménie était un État souverain » et a ajouté : « Bien sûr, nous espérons que de telles décisions n’auront pas d’impact négatif sur nos relations bilatérales car il s’agit précisément d’un statut que nous ne reconnaissons pas. Nous n’en sommes pas partie ». Dimitri Peskov a également indiqué que Poutine ne prévoyait aucun voyage en Arménie dans un avenir proche.

Les pressions ont été maximales dans les jours qui ont précédé les débats à l’Assemblée nationale arménienne, le 28 septembre, comme l’atteste la dernière déclaration de Lavrov qui constitue une menace ouverte contre l’Arménie : « Parmi les dirigeants de la République d’Arménie, nombreux sont ceux qui souhaitent renoncer à la Russie et se faire de nouveaux amis … Il est historiquement et géopolitiquement impossible d’ignorer les intérêts de la Fédération de Russie en Transcaucasie. Les dirigeants de la République d’Arménie doivent se rappeler du sort peu enviable des pays qui comptaient sur les États-Unis ». 

La menace est sans fard. Elle constitue une allusion directe au sort de la Moldavie, de la Géorgie, et sans doute plus encore de l’Ukraine. 

Mais dans le cas de l’Arménie, le désastre en Artsakh n’est une partie du prix que Moscou veut nous faire payer.

Sahak Sukiasyan

Éditorial