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Disparition d’Antoine Bagdikian

 

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition d’un des piliers de la communauté arménienne de France, d’Antoine Bagdikian.

Il s’est éteint dans la nuit du 26 août.

Dès les années 70, Antoine Bagdikian devenait une présence permanente dans la vie communautaire arménienne, qu’il s’agisse de missions ingrates, du travail à l’ombre, que de la représentation lors des cérémonies. Il fut également l’un des fondateurs du CCAF.

Pour présenter en détail toute l’activité communaitaire du regretté nécessiterait des pages et des pages. Mais si nous essayons de la résumer dans nos étroites colonnes à cette première occasion, triste, nous pouvons la mentionner de la manière suivante, sans prétendre à l’exhaustivité, bien entendu. Il fut l’un des pionniers de la lutte pour la reconnaissance du génocide arménien en France, et il ne ménagea aucun effort pour mettre en valeur la contribution des Arméniens à la défense de la France. Ainsi, il présidait depuis des décennies l’Association nationale des anciens combattants et résistants arméniens (ANACRA). Il était toujours présent avec ses camarades porte-drapeaux aux cérémonies nationales franco-arméniennes, comme la traditionnelle cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe à Paris chaque 24 avril. Ami proche de Mélinée Manouchian, il avait mené un travail inlassable pour hisser à sa hauteur méritée le souvenir en particulier de Missak Manouchian, mais aussi de son groupe, délaissés jusqu’alors dans les oubliettes. La meilleure preuve qu’Antoine avait fini par gagner ce combat est la récente annonce du président Macron selon laquelle en février prochain, à l’occasion de l’anniversaire de la fusillade du groupe Manouchian, les cendres de Missak Manouchian seront transférées au Panthéon. Quel dommage qu’Antoine ne puisse assister à la réalisation de son rêve. C’est aussi lui qui découvrit le phénomène de Roustam Raza, un Arménien originaire de Tiflis qui fut le garde du corps de Napoléon, et à la mémoire duquel Antoine organisa des visites annuelles sur sa tombe, à Dourdan.

Le défunt était également l’un des partisans du rapprochement des communautés arménienne et juive. Il y a plus de dix ans, il fut l’initiateur des réunions de commémoration et de prière communes organisées avec la communauté juive (chaque année, en alternance, à l’église arménienne et à la synagogue) à l’occasion de l’anniversaire de l’exécution du groupe Manouchian (un grand nombre de membres de ce groupe étant des Juifs).

On se souviendra également d’Antoine par les cérémonies de commémoration qu’il a instaurées en banlieue parisienne dans la basilique Saint-Denis, à la mémoire du dernier roi d’Arménie, Léon V de Lusignan. 

Comme nous l’avons dit plus haut, il y a sûrement encore de très nombreux mérites liés au vaste domaine de son activité communaitaire, qui échappent pour l’heure à notre mémoire, mais nous aurons sûrement l’occasion d’y revenir.

Repose en paix, cher Antoine.

Que la mémoire des justes soit bénie.

Éditorial