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DROITS DE L’HOMME – Déclaration de l’Union Kartman-Chirvan-Nakhitchévan à l’occasion du 104e anniversaire du massacre d’Agulis

Verin Agulis, dans les années 1900

Artsakhpress- Armenpress, le 26 décembre

Nous venons de commémorer le 104e  anniversaire du massacre et du dépeuplement des villages arméniens de Vérine et Nérkine Agulis au Nakhitchévan. 

En 1919, les populations des villages de Vérine et de Nérkine Agulis, ainsi que celles d’autres localités arméniennes du Nakhitchévan, ont été prises pour cible par les troupes azerbaïdjanaises. L’étude même la plus élémentaire du massacre des Arméniens d’Agulis nous permet de tirer un certain nombre de conclusions qui demeurent valables jusqu’à nos jours.  

En 1919, sous la menace des armes, les habitants de la région d’Agulis ont accepté de prendre la citoyenneté azerbaïdjanaise. Mais dès  le 19 décembre, a débuté le massacre de Nérkine  Agulis au cours duquel 400 civils ont été tués, d’autres trouvèrent refuge à Vérine Agulis.  

A Vérine Agulis, un responsable nommé Edif Bey promit la vie sauve aux habitants, les assurant que « leurs troupes [azerbaïdjanaises] n’entreraient dans le village qu’après être passées sur son corps ». Cependant, quelques jours plus tard, des groupes terroristes turco-azerbaïdjanais envahirent Agulis et massacrèrent toute la population pendant deux jours. La ville d’Agulis fut alors pillée et détruite de fond en comble. 

Le nombre des Arméniens tués dans les deux parties de la ville  d’Agulis s’éleva à plus de 1 400 personnes. Ces deux creusets de  l’identité arménienne au Nakhitchévan, les villages de Vérine et Nérkine Agulis, cessèrent d’exister. C’est l’amère et unique réalité historique dont nous devons tenir compte pour résoudre nos problèmes.  

Cet épisode survenu il y a plus d’un siècle illustre de manière très parlante les « garanties de sécurité » de l’Azerbaïdjan, la menace constante de massacres et de pillages qui rend impossible toute perspective  de coexistence pacifique. 

Cela prouve une fois de plus la nécessité de garanties internationales pour le retour de plus d’un demi-million d’Arméniens des régions historiques du Kartman, du Chirvan et du Nakhitchevan, ainsi que pour le retour des déplacés du Haut-Karabakh.  

Malheureusement, dans aucun des « épisodes » du conflit arméno-azerbaïdjanais, l’Azerbaïdjan n’a fait preuve d’une réelle volonté constructive et d’une véritable fidélité à ses engagements.

De la promesse d’Edif Bey à la signature d’Aliev au bas de la déclaration tripartite du 9 novembre 2020, la logique d’action reste la même, celle du recours à la force et l’assurance d’une totale impunité. Le système étatique azerbaïdjanais est un « Edif Bey » collectif, une incarnation parfaite du racisme criminel et de la haine anti-arménienne qui constituent une menace à la fois pour l’Arménie et pour la pacification et la démocratisation de la région toute entière.

L’Union panarménienne Kartman-Chirvan-Nakhitchévan, renommant et réévaluant le passé historique, appelle une fois de plus la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’homme et les pays influents à constater les réalités génocidaires en cours et à réagir en conséquence, sinon “l’Edif bey » azerbaïdjanais détruira tous les efforts de paix, en nous conduisant vers de nouvelles tragédies.

Traduction : Sahak Sukiasyan

 

L’ensemble des très nombreux sanctuaires de la région d’Agulis, dont le célèbre monastère de Sourp Tovmas [Saint Thomas] a été entièrement détruit par les autorités azerbaïdjanaises.

Éditorial