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FRANCE – Le « Jardin d’Azerbaïdjan » et la statue de Natavan à Evian-les-Bains continuent de faire du bruit 

La statue de Khourchidbanou Natavan emballée

Le nom du « Jardin d’Azerbaïdjan », à Evian, avait été mis sur la table par l’opposition lors du conseil municipal du 18 décembre dernier. Déjà retiré de la place publique, l’inscription « Jardin d’Azerbaïdjan » devrait aussi disparaître des prochains plans.

La ville d’Evian avait signé un accord de coopération avec la ville d’Ismayilli en Azerbaïdjan, en 2015. Dans ce cadre, une statue de la poétesse azerbaïdjanaise Khourchidbanou Natavan et un jardin d’Azerbaïdjan avaient été inaugurés en 2017, en face de l’hôtel Hilton.

Face au contexte international, alors que l’Azerbaïdjan a notamment bombardé l’Arménie en septembre dernier, les deux listes d’opposition avaient demandé, lors du conseil municipal du 18 décembre, que ce nom soit officiellement rayé. « Le dictateur Ilham Aliev sévit en Azerbaïdjan. Nous vous demandons de débaptiser officiellement le jardin », avaient également souligné les conseillers d’opposition.

La maire, Josiane Lei, avait alors précisé que toutes les inscriptions mentionnant le jardin d’Azerbaïdjan avaient déjà été retirées : « Il reste simplement des mentions sur les plans papiers de l’office de tourisme. Ça n’y sera plus quand les plans vont être refaits. Nous avons aussi rompu tous les liens avec eux, même s’il n’y en avait déjà pas beaucoup. ».

Son adjoint Jean-Pierre Amadio avait, en parallèle, défendu la statue rendant hommage à Khourchidbanou Natavan : « Elle est connue comme une femme libre, la statue à Evian la montre sans son voile. Bien sûr nous apportons notre soutien au peuple arménien mais la culture et l’art sont les ponts les plus fiables reliant les peuples et les pays. Doit-on tout supprimer et démolir ces ponts ? »

Un mois plus tard, la représentante de la mairie de la ville d’Evian-les-Bains, Christelle Auclair déclare que la statue ne sera finalement pas enlevée.

« Aujourd’hui, partout circulent des informations qui ne reflètent pas la réalité.  Nous avons appris que la statue de Khourchidbanou Natavan a été vandalisée. Le nez de la statue a été cassé et un liquide rouge a été jeté dessus. Alors les services municipaux ont recouvert la statue pour la protéger. C’est la position de notre ville. Nous n’avons jamais eu l’intention de la retirer ou de nous en débarrasser. Il n’a jamais été question de retirer la statue de son emplacement actuel. »

Interrogée sur l’enquête liée au vandalisme, Auclair a répondu que cela ne relevait pas de sa compétence et qu’elle ne pouvait pas commenter. Cependant, elle a souligné qu’il n’y avait pas de système de vidéosurveillance dans la zone et qu’il sera difficile de retrouver les auteurs de l’acte.

Des parlementaires français « condamnent le vandalisme et le comportement anti-azerbaïdjanais »

AZERTAC, agence nationale d’information de l’Azerbaïdjan, écrit à ce sujet :

« Des sénateurs et députés français condamnent le vandalisme contre la statue de Natavan et le comportement anti-azerbaïdjanais

Des représentants connus de la société française ont vivement critiqué l’acte inadmissible commis vis-à-vis du « Jardin d’Azerbaïdjan » et de la statue de la célèbre poétesse azerbaïdjanaise Natavan à Evian-Les-Bains, a-t-on appris auprès du Comité d’Etat en charge de la diaspora.

Le sénateur honoraire français, Alain Vasselle, a qualifié d’absurdes les initiatives de la mairie visant à changer le nom du « Jardin d’Azerbaïdjan » et à endommager le jardin, ainsi que les actions des forces pro-arméniennes qui sont complètement loin d’être objectives.

Selon lui, il existe différentes manières de présenter son mécontentement. Mais les écrivains et les poètes constituent notre histoire. Les œuvres de nos génies comme Alexandre Dumas et la poétesse Khourchidbanou Natavan font partie de notre héritage culturel et appartiennent à notre culture.

Il a souligné que des conditions avaient dû être créées pour que l’Azerbaïdjan puisse restaurer son intégrité territoriale et sa souveraineté de manière pacifique, et qu’un accord avait dû être obtenu pour s’asseoir à la table des négociations par les voies diplomatiques de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan.

L’ancien député à l’Assemblée nationale française, Jérôme Lambert, président de l’Association des Amis de l’Azerbaïdjan en France, a qualifié les actions de la mairie d’Evian de comportement totalement inapproprié et de résultat des activités de la très forte diaspora arménienne.

« Depuis que l’Azerbaïdjan a restauré sa souveraineté sur les territoires occupés par l’Arménie il y a 30 ans, des forces d’opposition ont surgi notamment en France contre Bakou. Ces forces profitent de la diaspora arménienne en France, mécontente de la situation. Cette opposition tente même de recourir à des comportements hystériques, touchant les symboles et lieux liés à l’Azerbaïdjan. Un certain nombre de représentants de la diaspora arménienne en France tentent d’inciter les hommes politiques français à s’opposer à l’Azerbaïdjan. Il est impossible de justifier ces actes perfides commis contre l’Azerbaïdjan. L’Azerbaïdjan a défendu ses droits. Les forces pro-arméniennes contre l’Azerbaïdjan opérant en France entravent la paix entre Bakou et Erevan », a déclaré Jérôme Lambert.

Jean-Luc Reitzer, membre honoraire de l’Assemblée nationale française et de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, a affirmé qu’il était très attristé par le traitement infligé à la statue de Khourchidbanou Natavan à Evian-les-Bains. « J’ai été attristé par ce qui s’est passé dans la ville d’Evian. Il y a toujours eu de bonnes relations entre l’Azerbaïdjan et la France dans tous les domaines : économique, culturel et autres. Or, aujourd’hui, de nombreuses personnes en France prennent position contre l’Azerbaïdjan sans connaître son histoire, sans jamais mettre les pieds en Azerbaïdjan », a-t-il dit.

Jean-Luc Reitzer a rappelé que le Karabakh avait été envahi et contrôlé par les séparatistes lors de la Première guerre du Karabakh. Mais aucun État, pas même l’Arménie, n’a reconnu l’indépendance de ce territoire. « Pendant la Seconde guerre du Karabakh, l’Azerbaïdjan a réussi à restaurer son intégrité territoriale. Ceux qui parlent des réfugiés arméniens oublient que des centaines de milliers d’Azerbaïdjanais ont été contraints de fuir leurs foyers et leurs terres au Karabakh après la Première guerre et ont été déplacés de leur pays d’origine. J’ai visité ces camps de réfugiés à Bakou. Je suis très attristé par l’attitude injuste envers l’Azerbaïdjan et le peuple azerbaïdjanais dans mon pays », a affirmé Jean-Luc Reitzer. »

« NH » – Évidemment, il est facile de présenter les choses ainsi, d’une manière si simpliste, alors que la réalité est toute autre, tellement plus complexe, prenant ses racines au plus profond de cette terre d’Artsakh. Et le Français lambda qui entendra les propos d’un Jérôme Lambert, d’un Jean-Luc Reitzer, les  absorbera probablement sans grande difficulté. Mais n’est-ce pas justement pour ce travail que sa majesté récompense tous ces serviteurs ?  

Éditorial