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Le soutien européen se précise

Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a fait une déclaration  remarquable lors de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne le 11 décembre dernier, à laquelle  participait également le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan. « La situation en Arménie nécessite notre ferme soutien. Voyons comment nous pouvons l’accroître, comment nous allons maintenir le Partenariat oriental, car c’est notre frontière orientale, et la frontière orientale est l’endroit dans le monde où de nombreux points chauds sont en train de se développer ». « Frontière orientale » : la formulation est intéressante. Après la guerre de 2020, les forces politiques de la droite française ont utilisé cette formulation pour faire valoir leur politique de soutien à l’Arménie. Elles ont vu en elle la « frontière orientale » du monde chrétien. Aujourd’hui, le même vocabulaire est utilisé par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la sécurité, soulignant que l’Arménie est la frontière orientale de l’Union européenne.

Le deuxième point remarquable est la référence aux « points chauds », laquelle a motivé la décision qui a conduit à renforcer la Mission d’observation civile de l’UE à la frontière arménienne, en augmentant le nombre de ses observateurs de 138 à 209, afin de consolider la situation à la frontière de l’Arménie et de consolider aussi la confiance mutuelle entre les deux pays belligérants. 

Josep Borrell a également évoqué un possible soutien à l’Arménie par l’intermédiaire de la Facilité européenne pour la paix. Peter Stano, le porte-parole du Haut représentant, a souligné que ce soutien était en cours de discussion entre les pays membres en tenant compte des besoins et des demandes de l’Arménie : « Il pourrait s’agir d’un hôpital de campagne, d’ équipements de défense, mais cela pourrait aussi être une augmentation des capacités pour lutter contre les cyber-attaques et la désinformation. »

Rappelons que le 7 décembre,  avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont fait une déclaration commune selon laquelle les deux parties s’engagent à échanger des prisonniers de guerre afin d’établir des relations de bon voisinage.

Le 11 décembre, le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a aussi participé à la réunion consacrée au Partenariat oriental de l’UE, à laquelle prenait part son collègue azéri Ceyhun Bayramov, et au cours de laquelle la question de la défense de l’Arménie a été discutée. Malgré la présence des deux ministres à cette réunion, aucune rencontre bilatérale n’était à l’ordre du jour. Il est important de souligner que depuis septembre dernier, l’Azerbaïdjan a refusé à trois reprises de participer aux réunions organisées par Bruxelles et Washington, invoquant la prise de position partiale de la France et des États-Unis en faveur de l’Arménie. 

Après l’attaque armée contre l’Artsakh, le 19 septembre, l’Azerbaïdjan s’était rapproché de la Russie en raison de considérations stratégiques. La vive réaction des États-Unis face aux attaques de l’Azerbaïdjan contre l’Artsakh s’est traduit par la suspension de son assistance militaire et l’avertissement selon lequel toute action armée pour forcer le passage du corridor de Syunik ferait l’objet d’une réponse négative conséquente. Cela a poussé la partie azérie à mener des négociations directes avec l’Arménie afin de contourner l’impasse dans laquelle elle se trouvait.  Et cela a été grandement apprécié par la communauté internationale.

Profitant de la présence du ministre des affaires étrangères azéri à la réunion du Partenariat oriental, Ararat Mirzoyan a également fait une déclaration remarquable, faisant allusion à la nécessité pour l’Azerbaïdjan de respecter les valeurs européennes des droits de l’homme : « Je juge nécessaire de réaffirmer que tous les pays du Partenariat oriental doivent être fidèles aux mêmes valeurs et principes, car sans respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, sans environnement sûr et pacifique, toute initiative est vouée à l’échec. »

J. Tch. 

Éditorial