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L’Œuvre d’Orient dénonce la détention illégale d’Arméniens du Haut-Karabakh

L’église Saint Jean Baptiste à Chouchi dans le Haut-Karabakh

L’organisation basée à Paris exige la libération «sans délai» d’une vingtaine d’Arméniens dont huit anciens responsables du Haut-Karabakh, actuellement détenus par Bakou, plus de sept mois après l’offensive éclair qui a contraint les séparatistes de l’Artsakh à capituler et la quasi-totalité de la population à la fuite.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

L’Œuvre d’Orient, présente à Erevan et en lien constant avec des organisations internationales arméniennes et membres de la diaspora, détient une liste sur laquelle figure une vingtaine de noms, ceux de miliaires et de civils arméniens, dont huit hauts responsables, faits prisonniers par les troupes azerbaïdjanaises lors de l’offensive qui permis à Bakou de prendre le contrôle du Haut-Karabakh en septembre dernier.

«Ils sont en prison dans des conditions qui peuvent être extrêmement rudes» et «la moindre des choses» serait de permettre à la Croix rouge internationale d’avoir accès aux prisonniers, estime le directeur l’Œuvre d’Orient, inquiet de leur état de santé.

Outre l’incertitude qui plane sur leurs conditions de détentions, Mgr Pascal Gollnish juge ces incarcérations «complètement contraires aux règles les plus évidentes du droit international». Dans un communiqué, l’organisme au service des chrétiens d’Orient depuis 1856 précise que selon la 3e Convention de Genève de 1949 et ses protocoles additionnels, ratifiés par l’Azerbaïdjan et l’Arménie, la libération des prisonniers de guerre et des civils doit intervenir «immédiatement après la cessation des hostilités». Ce n’est donc pas le cas. Après des épisodes récurrents de persécutions massives, dont le génocide de 1915 commémoré cette semaine à Erevan, «cela suffit», martèle Mgr Gollnish qui dénonce un «acharnement». «L’idée qu’il y ait des Arméniens qui soient prisonniers parce qu’ils sont arméniens devient insupportable». L’Œuvre d’Orient exige la libération des prisonniers de guerre «sans délai».

 

Des dizaines de milliers d’apatrides

Quel est aujourd’hui le sort des populations arméniennes du Haut-Karabakh? Le territoire est aujourd’hui impénétrable et il est impossible de dire exactement combien de chrétiens arméniens resteraient sur place, «peut-être quelques personnes âgées». Mgr Gollnish rappelle aussi le destin «d’apatrides» de tous ceux qui ont été chassés de chez eux en l’espace de deux jours en septembre dernier, et qui se sont réfugiés en République d’Arménie. Leur avenir ne sera sans doute pas à Stepanakert: «la principale rue de la capitale du Haut-Karabakh a été rebaptisée Rue Enver Pacha, du nom de l’un des trois organisateurs du génocide de 1915».

Un patrimoine en danger

Attentive aux populations comme à leur patrimoine pluriséculaire, l’équipe de l’Œuvre d’Orient signalait également cette semaine la destruction «pure et simple» de l’église Kanatch Jam à Chouchi dans le Haut-Karabakh. Elle a été rasée au sol comme en témoignent des images satellites datant du 4 avril dernier. «Là aussi, si l’Azerbaïdjan était de bonne foi, il laisserait l’UNESCO mener des missions d’enquête sur l’état du patrimoine. Parce que l’Azerbaïdjan tient à un double discours: d’un côté, il se présente comme soucieux de maintenir le patrimoine et de l’autre, il ne laisse pas les observateurs venir le constater sur le terrain», souligne Mgr Gollnish.

 

Négociations sur le tracé des frontières

L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont commencé cette semaine à délimiter leur frontière commune. Le Premier ministre arménien a accepté de restituer quatre villages frontaliers saisis par les troupes arméniennes dans les années 90, provoquant l’ire de dizaines d’Arméniens qui ont bloqué des axes routiers du pays ce jeudi 25 avril. La question est fondamentale, estime le directeur de l’Œuvre d’Orient: «Les responsables arméniens pensent qu’en abandonnant des villages à l’Azerbaïdjan, on pourra en échange avoir la paix. Mais malheureusement on est dans une sorte de rapport de force qui fait qu’il faut déjà que les deux protagonistes se respectent mutuellement, ce qui n’est pas le cas».

« Vatican News »

 

Éditorial