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Nouvelle demande de retrait du drapeau de l’Artsakh à Bourg-lès-Valence : Marlène Mourier ne cédera ni aux menaces ni aux injonctions de la dictature azerbaïdjanais

Communiqué de presse de la Ville de Bourg-lès-Valence

Bourg-lès-Valence une nouvelle fois sous la pression de Bakou : par la voix de ses avocats, Maîtres Laurence Dauxin-Nedelec et Olivier Prado, l’État d’Azerbaïdjan somme par courrier Madame le Maire de Bourg-lès-Valence, Marlène Mourier, de retirer le drapeau de l’Artsakh qui orne l’entrée de ville aux côtés des drapeaux français et européen.

Quatre ans après une première injonction similaire et bientôt dix ans après la remise en cause de la Charte d’amitié conclue entre Bourg-lès-Valence et la commune de Chouchi située dans le Haut-Karabakh, cette nouvelle ingérence de la dictature azerbaïdjanaise dans les décisions d’une commune de la République française s’ajoute à la liste des précédentes attaques subies par la municipalité, pour certaines assorties de pressions contre la personne de Madame le Maire (intimidations de ressortissants azerbaïdjanais venus en mairie, sommation par l’intermédiaire d’un huissier de justice, interdiction de séjour sur le sol de l’Azerbaïdjan et de certains de ses pays alliés…).

Aujourd’hui, cette nouvelle mise en demeure de retirer le drapeau de l’Artsakh serait motivée, selon les termes employés par les avocats qui défendent les intérêts de l’Azerbaïdjan dans leur lettre, par « le retrait des indépendantistes » en septembre 2023 qui « a mis un terme à l’occupation illégale du territoire appartenant à l’Azerbaïdjan et à la soi-disant ‘’République du Haut-Karabakh’’ qui s’est résolue à cesser d’exister. »

Une interprétation pour le moins subjective de l’annexion du Haut-Karabakh par l’armée azerbaïdjanaise intervenue il y a six mois, qui s’est faite au prix de centaines de morts, blessés et prisonniers de guerre, dont plusieurs restent encore détenus illégalement aujourd’hui en Azerbaïdjan et dont le sort demeure très préoccupant, à l’image de Ludwig Mkrtchyan, cordonnier de 54 ans parrainé par la Ville et retenu dans les geôles de Bakou depuis 3 ans, dont la femme et les deux enfants attendent désespérément le retour depuis maintenant plus de 3 ans.

Peut-on qualifier de simple « retrait » le départ soudain et précipité pour l’exil d’une population de 120 000 habitants ? 120 000 hommes, femmes et enfants affamés et épuisés par un blocus de 10 mois, jetés sur les routes par l’invasion d’une armée de soldats disposés à entreprendre une véritable épuration ethnique ?

Peut-on décemment parler de mettre un terme à « une occupation illégale » du territoire lorsque ces mêmes personnes se retrouvent condamnées en l’espace d’instant à abandonner derrière eux leur maison, leur école, leurs souvenirs, en un mot, leur vie et toute leur histoire construite au fil de plusieurs générations, comme en témoignent les églises, les monuments et le patrimoine arméniens vieux de plusieurs siècles, détruits par l’Azerbaïdjan pour les remplacer par des mosquées ?

Peut-on enfin trouver meilleur euphémisme qu’une « résolution à cesser d’exister » pour expliquer que la dissolution de la République du Haut-Karabakh s’est faite sous la pression des moyens militaires disproportionnés dont dispose l’Azerbaïdjan et qui font peser sur l’Arménie l’ombre permanente d’un péril plus grand encore ?

Ne nous voilons pas la face : dans l’esprit du Président autoproclamé Aliev, l’annexion de l’Artsakh ne constitue en effet qu’une première étape dans son intention clairement annoncée d’anéantir l’Arménie et les Arméniens.

En ce jour de la commémoration du 24 avril, il est important de rappeler qu’un second génocide menace le peuple arménien si les Gouvernements et les institutions internationales ne réagissent pas.

Tel le monument « Nous sommes nos montagnes », si solidement enraciné dans le sol de Stepanakert, le drapeau de l’Artsakh demeure ancré dans le sol de notre ville. Il flotte et continuera de flotter dans le ciel de Bourg-lès-Valence pour rappeler que le peuple arménien et l’ensemble de la diaspora peut compter sur notre soutien indéfectible à leurs côtés, dans la défense de leur indépendance, de leur souveraineté et de leur liberté face à l’oppression, à l’injustice et à la barbarie.

En tant que collectivité territoriale française libre et autonome, ni les injonctions sans fondement juridique ni les menaces de la dictature azerbaïdjanaise n’infléchiront notre choix. Bourg-lès-Valence ne se pliera jamais aux ordres de la dictature azerbaïdjanaise.

Éditorial