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Rachida Dati nommée ministre de la Culture: l’Azerbaïdjan a désormais sa porte-parole au sein du gouvernement français

Mehriban Alieva et Rachida Dati

L’enthousiasme suscité par la nomination de Gabriel Attal – considéré comme une figure proche de la communauté franco-arménienne – au poste de Premier ministre,  n’aura duré qu’un temps… à peine 48 heures, jusqu’à l’annonce, jeudi 11 janvier, de la composition du nouveau gouvernement.

Alors qu’un certain nombre de ministres importants de l’ancien gouvernement, comme ceux de l’Intérieur, de la Justice ou des Finances… ont été reconduits à leurs postes, de nouveaux noms occuperont les fauteuils des ministères des Affaires étrangères et de la Culture, alors que nous savons tous, ces deux ministères ont un rôle ô combien déterminant dans les relations franco-arméniennes.

Ainsi, le ministère des Affaires étrangères a été confié à Stéphane Séjourné, et le ministère de la Culture… à Rachida Dati, la pro-azerbaïdjanaise de renom.

Il est intéressant de noter que ces changements coïncident avec cette période houleuse dans les relations franco-azerbaïdjanaises, qui se sont davantage tendues après la décision de la France de fournir des armes à l’Arménie, pour en arriver jusqu’à expulser réciproquement des diplomates, à arrêter un « espion » français à Bakou, etc…

Il ne fait aucun doute que l’ancienne ministre des Affaires étrangères Mme Colonna, aussi flexible fusse-t-elle sur le plan diplomatique, et en particulier l’ancienne ministre de la Culture Mme Abdul-Malak, pour ses déclarations sincères et justes lors de sa dernière visite en Arménie, ont vraisembleblement été jugées comme étant des pro-arméniennes, au moins « non pro-azerbaïdjanais » dans le cas de la première. Et au plus profond de la tension franco-azerbaïdjanaise, c’est précisément ce point qui est à présent « corrigé ».

Ceci, sans doute et malheureusement – espérons nous tromper – est un indicateur de la revision de la diplomatie française de ces derniers temps : la France “est allée trop loin” dans sa position “pro-arménienne” et donc “il fallait la stopper à un moment donné”. Il serait bien sûr naïf de penser que la diplomatie française se limite aux relations avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan au point d’imposer des changements de ministres. Non, bien entendu. Mais il est clair qu’au-delà de ces deux pays, il s’agit des intérêts stratégiques énormes à l’égard de cette région, sans oublier le facteur plus que probable d’une pression terrible de la part de l’Azerbaïdjan.

Et apparemment, dans de telles conditions, il était difficile d’exiger un revirement soudain de la part de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, il était donc préférable de la remplacer par un nouveau, qui pourrait plus facilement « rectifier le tir ».

Et quant à la nouvelle ministre de la Culture Rachida Dati, qui mieux qu’elle pour représenter les intérêts de l’Azerbaïdjan sur la scène politique française ? Même en supposant qu’elle n’a pas été nommée sous la pression de l’Azerbaïdjan, sa nomination constitue un grand geste pour gagner le cœur de l’Azerbaïdjan.

Depuis 2016, Dati exprime ouvertement sa solidarité avec l’Azerbaïdjan, lorsqu’elle avait signé un appel dans  « Le Figaro », où inversant les faits et les réalités, elle avait présenté les Azerbaïdjanais dans le rôle de victimes. Elle entretient des relations étroites avec la famille Aliev depuis longtemps.

Elle est membre de l’Association des Amis de l’Azerbaïdjan (AAA) en France qui selon Le Monde est le « principal instrument » de la diplomatie du caviar. Cette association est pour l’essentiel financée par la Fondation Heydar Aliev, dont la dirigeante, Mehriban Alieva, est l’épouse du président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Pour terminer ces lignes avec une petite note d’humour : l’ancien député Jean-François Mancel qui avait créée l’AAA en 1998 témoignait en ces termes à « L’Express » : “Azerbaïdjan est un extraordinaire modèle de tolérance et de respect de l’autre. »

A.T.

Éditorial