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Samuel Chahramanian : « Nous étions seuls face à l’attaque de l’Azerbaïdjan, la partie russe étant restée dans une position d’observateur »

Le 28 octobre, le président de l’Artsakh, Samuel Chahramanian, a accordé une longue interview à la télévision publique de l’Artsakh. Il a donné des explications détaillées sur les événements qui ont suivi son élection (le 9 septembre).

Vous trouverez ci-dessous quelques points importants de cette interview.

En préambule, le Président de l’Artsakh a exprimé ses condoléances aux proches de toutes les victimes de la guerre et de l’explosion du dépôt de carburant, et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

« La partie russe est restée dans une position d’observateur »

Concernant les opérations militaires menées par l’Azerbaïdjan les 19 et 20 septembre, le président a déclaré : « Presque toutes les régions ont été soumises à des bombardements intenses et il était clair que dans cette situation, nous devions tout faire pour résister. Quelques heures après le début des opérations militaires, je me suis rendu compte que nous étions seuls face à l’attaque ennemie. On peut dire que la partie russe avait choisi de rester dans une position d’observateur et que nous devions pouvoir régler nous-mêmes nos problèmes. Avec l’Armée de défense, d’autres forces et notre population, nous avons lancé des actions de représailles, et c’est grâce à ces actions qu’il a été possible d’entamer des négociations avec la partie azerbaïdjanaise, qui ont duré environ 12 heures. »

« Il était clair pour nous qu’il est nécessaire d’arrêter les opérations militaires, car les forces étaient inégales, et plus nous continuerions, plus nous aurions de victimes et de pertes. Mon objectif, en tant que président de l’Artsakh, était d’arrêter les opérations militaires le plus rapidement possible afin d’éviter un grand nombre de victimes. J’ai été obligé d’entrer en contact direct avec les hauts représentants de la partie azerbaïdjanaise, désignés pour négocier avec nous, que je connaissais et qui avaient auparavant eu des contacts avec Araïk Haroutunian », a déclaré le Président Chahramanian, ajoutant que le seul objectif des décisions prises par les dirigeants de la République de l’Artsakh et par lui-même était de sauver des vies que ce soit dans la population ou dans l’armée, soldats et officiers, de l’Artsakh, et c’est ce qu’ils ont fait. « Tout l՛effectif de l’Armée de défense a pu passer par le poste de contrôle après la cessation des hostilités et personne n’a été arrêté. C’était grâce à notre accord. »

 

« L’action militaire de l’Azerbaïdjan contre l’Artsakh avait été planifiée depuis longtemps et elle n’a rien à voir avec l’élection présidentielle »

Se référant à certaines affirmations selon lesquelles l’action militaire de l’Azerbaïdjan serait liée à l’élection du président de l’Artsakh, Chahramanian a dit être sûr que la partie azerbaïdjanaise ne se préoccupait aucunement des processus en cours en Artsakh ; d’après lui, il est clair que ce n’est pas après son élection que le plan des opérations militaires a été élaboré.

« Permettez-moi de vous rappeler que nous avons subi un blocus pendant 9 mois dont les quatre derniers mois nous avons été totalement assiégés. Et pendant ces derniers mois, en tant que Secrétaire du Conseil de sécurité, j’ai reçu des informations sur l’accumulation de forces armées azerbaïdjanaises sur toute la longueur de notre ligne de contact. Ils étaient très proches de nos communes et nous discutions régulièrement de cette question lors des réunions du Conseil de sécurité. Et dire que le plan d’attaque a été mis en place par les Azerbaïdjanais pendant ces derniers jours serait non seulement incorrect, mais aussi un argument fallacieux. »

 

« L’Arménie savait ce que l’Artsakh signait ; nous avons discuté de certaines questions avec les dirigeants arméniens »

En réponse à la question de savoir si, pendant tout ce processus, est-ce qu’il a parlé avec les représentants du gouvernement ou le Premier ministre arméniens, a-t-il été en contact avec eux et les a-t-il tenus informés de ses décisions, Chahramanian a répondu :

« Nous étions en contact avec les dirigeants arméniens, nous avons discuté de certaines questions, mais certaines d’autres n’ont pas pu être discutées en raison du manque de moyens de communication. »

Quant à savoir si l’Arménie était au courant de ce que l’Artsakh signait, il a répondu. « L’Arménie était au courant et nous discutions avec les autorités arméniennes des dangers possibles liés à ces documents, mais notre objectif était de sauver la vie de la population d’Artsakh. »

 

« L’explosion du dépôt de carburant s’est produite en raison d’une violation des règles »

Répondant à la question concernant l’explosion du dépôt de carburant, le Président de l’Artsakh a déclaré que l’explosion a eu lieu dans un dépôt réservée à l’Armée de défense. La population paniquée, s’est ruée sur ce dépôt de la base militaire. Les règles élémentaires de sécurité n’y ont pas été respectées, ce qui a provoqué une explosion. « Ce fut une épreuve très douloureuse pour nous. Nous avons eu presque autant de victimes que lors des opérations militaires. Une enquête criminelle a été lancée par le Comité des enquêtes d’Artsakh et transmise au Département militaire principal du Comité des enquêtes d’Arménie. Je demande aux membres de ce Comité d’être persévérants et de découvrir toutes les circonstances de l’incident, d’identifier tous les coupables et de les punir », a souligné le président.

 

« Le ministre de la Défense et moi-même avons été transportés en Arménie par hélicoptère »

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi certains dirigeants actuels ont réussi à quitter l’Artsakh, alors que les anciens dirigeants ont été arrêtés, Chahramanian a répondu qu’il ne sait pas pourquoi l’Azerbaïdjan a pris une telle décision. « On ne peut que conclure qu’ils ont été arrêtés à des fins politiques » a-t-il affirmé en ajoutant que lui-même et le ministre de la Défense ont été transportés en Arménie par hélicoptère.

 

« Nous devons commencer à traiter les problèmes qui nous permettront d’arranger le retour de nos citoyens déplacés d’Artsakh »

À la question de savoir quelles sont les démarches prévues à présent, Chahramanian a répondu : « La prochaine étape devrait être de régler les problèmes afin de permettre le retour de notre peuple, de nos citoyens déplacés d’Artsakh. Cela fait partie de notre agenda et nous devons trouver des solutions à ce problème. »

Et à la question de savoir « Retour en Artsakh, mais sous quel statut ? », Chahramanian a répondu quէ c’est un sujet de discussions et de négociations. « Je suppose que différents milieux politiques européen, américain, russe… sont intéressés par le retour de notre population. Il semble que même la partie azerbaïdjanaise s’intéresse à cette question, car la communauté internationale exerce des pressions sur elle en l’accusant d’avoir contribué au déplacement forcé de la population. Et je suppose que c’est autour de cette question que les négociations devraient commencer » a-t-il dit.

Et enfin, évoquant la question de l’octroi du statut de réfugié aux citoyens de l’Artsakh, le président a souligné : « Les Artsakhiotes ne sont pas des invités en Arménie, ils sont des citoyens de l’Arménie… »

Pour visionner l’interview de Chahramanian dans son intégralité suivre le lien :

https://youtu.be/gdx1jY5_rso?si=A5nZ_SN4NDAccnMW

Éditorial